Ainsi soient-ils : le célibat des prêtres sert-il à quelque chose ?

 

Ainsi soient-ils - célibat des prêtres

Ici, dans la saison 2 d’Ainsi soient-ils, le séminariste Yann, boy-scout (Julien Bouanich), est toujours poursuivi par son premier amour.

 

La question du célibat des prêtres, dans Ainsi soient-ils, se pose presque tout au long de la série (saison 1 et 2). Ce débat n’est pas nouveau, puisque Chateaubriand répondait déjà aux détracteurs de ce célibat sarcerdotal dans son ouvrage Le génie du christianisme, en 1802. L’objet de ces questions/réponses n’est pas de prendre position pour ou contre le célibat des prêtres, mais d’exposer des faits qui vont souvent à l’encontre des préjugés. Alors, question : le célibat des prêtres sert-il vraiment à quelque chose ?

Le prêtre est en charge d’une communauté : il doit l’instruire, la guider. Il sert la messe et donne les sacrements (baptême, mariage, réconciliation, etc.). Faisant cela, il reproduit les gestes du Christ. Le prêtre est un autre Christ sur Terre, ou représentant du Christ sur Terre. Or, en tant que représentant du Christ sur Terre, on comprend facilement pourquoi on exige des prêtres le célibat. En effet, Jésus lui-même vécut vierge et sans attache. Ses représentants se doivent donc, dans un but d’identification maximale, de faire ce même choix. En outre, être prêtre est une vocation et non un métier. Une vocation, c’est un appel de Dieu qui doit se vivre 24h/24 sans jour férié et sans RTT.

Cela signifie que les malades n’attendent pas les horaires de bureau pour recevoir l’extrême-onction, que les morts se font enterrer les jours où l’on peut avoir envie de prendre un congé, qu’il faut parfois garder une grande disponibilité physique et intellectuelle pour quelqu’un en détresse même quand la journée de travail est théoriquement ‘’finie’’. Les journées d’un prêtre sont très chargées, d’autant plus que leur pénurie reporte le travail sur ceux qui restent. Saint Jean-Marie Vianney, patron des prêtres, passait sa vie au confessionnal… (et à raison, vu la foule qui s’y présentait).

Une vie conjugale et a fortiori de famille sont des charges qui se rajouteraient à des journées déjà bien remplies… La famille serait donc délaissée : à quoi bon vouloir participer à l’édification de la famille de Dieu si c’est pour abandonner sa propre famille ? Cela manquerait cruellement de cohérence… évangélique.

Au XIIe siècle, lorsque la règle du célibat fut imposée, elle avait aussi des motivations financières. Le développement de la féodalité touchait l’Eglise : à la fonction ecclésiastique correspondait un bénéfice, substantiel selon les paroisses, qui risquait d’être approprié par des familles sacerdotales en cas d’existence d’une filiation des prêtres. Le Concile de Latran II ( =réunion au sommet de l’Eglise) évite ainsi la patrimonialisation privée des biens de l’Eglise. De nos jours, la question financière est bien différente, mais elle existe toujours. Comment, en effet, alors qu’un prêtre gagne environ 950 euros nets par mois, pourrait-il assumer une femme et des enfants ?

Cela signifierait qu’il devrait prendre un travail pour vivre, en plus de sa charge ecclésiastique. Là, on est définitivement en dehors du modèle christique qui est le but premier de la prêtrise.

Le célibat des prêtes a donc une raison d’être. Cependant, de nos jours, il est de plus en plus fréquent de remettre cette règle de conduite en question. Si l’Eglise devait un jour évoluer vers un clergé marié, il est clair que la fonction même du prêtre devrait être redéfinie car, en l’état actuel des choses, elle est clairement incompatible avec une vie de famille (cf la question Autoriser le mariage des prêtres règlerait-il le problème des vocations ?).

 

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