Célibat des prêtres et crise des vocations sont-ils liés ?

Dans Ainsi soient-ils saison 1, 2 et 3, il est largement question du célibat des prêtres et de la crise des vocations. Faute de pouvoir se marier, les prêtres ne peuvent répondre aux demandes des fidèles (couples, etc.), et on assiste à des dérives comme la pédophilie. Qu’en est-il dans la réalité, cette thèse des scénaristes est-elle fondée ? Voici 8 expressions souvent entendues sur lesquelles nous tentons d’apporter un éclairage réaliste.

Célibat des prêtres - crise des vocations - Ainsi soient-ils

Saison 3 : quand Yann Le Megueur (Julien Bouanich), jeune prêtre, finit par embrasser Fabienne, l’amie d’enfance de la saison 1, venue s’installer pas très loin de chez lui…

1. « Les prêtres n’ont pas toujours été célibataires » 

Vrai. Les premiers prêtres étaient mariés, mais dès le 4ème siècle, le modèle du prêtre célibataire et chaste se développe. C’est Grégoire le Grand qui formalise la règle du célibat obligatoire lors du concile de Latran II en 1132. Le célibat est donc une règle d’ordre disciplinaire et non doctrinal.

2. « Le célibat des prêtres, ça ne sert à rien » 

Le prêtre est la représentation du Christ sur terre. Pour ressembler le plus possible à son modèle et pour être le plus disponible possible pour son prochain, il ne doit pas avoir d’attache : donc pas de femme, pas d’enfants. La prêtrise est un sacerdoce et non pas un métier.

3. « Certains prêtres catholiques sont mariés » 

Vrai. Les Eglises orientales rattachées à Rome ont gardé certaines spécificités dont la possibilité d’ordonner des hommes mariés. Par contre, un prêtre célibataire ne peut pas se marier après son ordination. Les évêques sont choisis parmi les célibataires.

Les prêtres anglicans ou les pasteurs protestants mariés et convertis au catholicisme restent mariés dans leur fonction de prêtre catholique.

4. « Dans les autres religions, les prêtres se marient et tout se passe très bien » 

On ne demande pas le même engagement, la même polyvalence, ni la même charge de travail aux pasteurs protestants, aux rabbins ou aux imams. Le prêtre catholique ne peut pas leur être assimilé.

5. « L’Eglise est face à une crise des vocations » 

Oui au niveau européen. En France, le nombre de prêtres ordonnés par an est passé de 2300 en 1830 à 98 en 2008 avec une baisse rapide du nombre des vocations à partir de 1940. Il y a également un nombre important de prêtres qui quittent l’Eglise.

Non au niveau mondial. Les clergés asiatique et africain sont très dynamiques ainsi que les communautés catholiques de ces continents qui croissent rapidement.

6. « Autoriser le mariage des prêtres règlerait le problème des vocations » 

La crise des vocations a plusieurs causes :

  • une montée de l’athéisme dans l’ensemble de la population et une foi moins vive chez ceux qui sont restés croyants.
  • l’oubli qu’on est avant tout devant une crise de la foi, car la foi s’enseigne et se partage (crise de l’évangélisation)
  • la fréquente critique des prêtres et de l’Eglise en général, y-compris chez les catholiques. Les idées catholiques ne sont pas ‘’à la mode’’ ni dans les media ni dans la société.
  • la prêtrise n’est vraiment pas le métier qui fait rêver dans les chaumières : mal considérée, mal payée, soumise à une autorité jugée archaïque, incompatible avec une vie familiale, elle est clairement aux antipodes des pseudo-valeurs actuelles d’épanouissement personnel et de réussite sociale.
  • ceux qui veulent servir l’Eglise trouvent largement de quoi faire dans le laïcat sans avoir à supporter les servitudes imposées à un prêtre.

Parallèlement au manque des vocations, des prêtres quittent parfois l’Eglise pour un retour à la vie laïque. Les causes en sont diverses :

  • difficulté du métier de prêtre : longues journées et charge importante pour un salaire ridicule.
  • manque de reconnaissance de la part de la société.
  • isolement et solitude des prêtres qui manquent souvent du soutien de leurs confrères ou de leur hiérarchie (avec en revanche un fort développement des nouvelles communautés, dans lesquelles ils ne sont plus seuls).
  • manque de formation face à des fidèles cultivés et exigeants sur le niveau de leurs prêtres.
  • manque de liberté face à une hiérarchie souvent pesante, directive et distante.
  • manque de spiritualité ou, au contraire, manque de contact avec les fidèles et d’apostolat.

Le malaise du clergé diocésain ne peut être résumé à une cause unique. Le droit au mariage apparaît être la réponse à une double revendication : moins de solitude et une vie au plus près de celle des fidèles dans le cadre de l’apostolat. Quoiqu’il en soit, il représente rarement la cause unique de la démission des prêtres.

7. « Autoriser le mariage des prêtres supprimerait les scandales de pédophilie » 

Faux. Voir notre article Pédophilie dans l’Eglise entièrement dédié à ce sujet.

8. « Le célibat est antinaturel, les prêtres sont des frustrés » 

Ne pas avoir de sexualité délibérément peut paraître un choix incompréhensible, mais il est aussi valable qu’un autre et même plus respectable que celui d’être esclave du sexe.

La chasteté ne fait pas de nos prêtres de dangereux psychopathes de même que les frustrations sexuelles que les laïcs rencontrent de temps à autres ne font pas d’eux des déséquilibrés violents. Nous ne sommes pas des bêtes !

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